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Contribution à la connaissance ɗe la Commune de Boghé

Les 7-8-9 décembre 2012, la ville de Boghé (Mauritanie) co-organisera avec celle de Démet (Sénégal) le festival “ Blues du Fleuve ” qui était précédemment organisé à Podor (Sénégal) par Baaba Maal. Le présent document a pour objectif de présenter cette ville mauritanienne aux festivaliers qui ne la connaissent pas.

Boghé et son histoire

La ville de Boghé, chef-lieu de la Moughataa (préfecture) et de la Commune de meme nom, est située à près de 320 km au sud-est de Nouakchott,sur la rive droite du fleuve Sénégal, dans la partie sud de la Wilaya (région) du Brakna. Élle se compose de trois quartiers appelés en pulaar (ouful- fulde) Boggee-dow (dow en pulaar signifie en haut, expression équivalente à «le haut de Boghé»), Nooli (Nioli),et Boggeeles (prononcez « less », c’est-a-dire en bas, en pulaar, expression équivalente à (“ haut de Boghé”), Nooli (Nioli),et Ɓoggee les (prononcez « less », c’est-a-dire en bas, en pulaar, expression équivalente à “le bas de Boghé”). La ville de Boghé est connue sous deux noms, Dubaango (Doubango) et Boggee:

– Dubaango: La tradition orale locale (ancienne et non datée) retient que c’estle nommé Dubaango Bellal Demmba Baawuura Aali Paate qui donna son nom à la butte de sable (tulde) et aux deux villages qui y étaient implantés: à l’Ouest, Dubaango, ancien site de Boggee-dow, aujourd’hui disparu; à l’Est, Tulde- Dubaango.

Ɓoggee: Dans le quartier de Boggee- dow, le baobab (Adansonia digitata, bokki en pulaar) poussait en abondance. Les ha- bitants du village allaient cueillir (6ogqude) des fruits du baobab pour leur consommation, et enlever les écorces de l’arbre pour en faire des cordes (boggi). Le nom de Boggee serait une altération du mot bogge (cueillettes des fruits de baobab); les autorités coloniales francaises qui dominaient le paysjusqu’en 1960 l’ont transcrit Boghé.

Le quartier de Boggee-dow (Boghé- dow)

C’est le village originel à partir duquel la ville actuelle de Boghé s’est formée et développée. Il est situé au nor nod du marigot appelé Jiñcu qui le sépare du quartier de Boggee-les auquel il est relié par le pont- digue construit en 1958. Il est situé sur le jeeri, il est haut perché sur une dune du quaternaire et il surplombe les plaines environnantes, d’où son nom Boggee-dow.

Le quartier de Boggee-les (ou Boghé escale)

Ce quartier tire son nom de sa situation en altitude plus basse par rapport au quartier de Boggee-dow (les signifie en bas, en pulaar). Il est situé dans le waalo, dans la plaine fluviale, au bord du fleuve Sénégal, entre celui-ciet le marigot Jiñcu.Jusqu’aux années 1950, d’aucuns appelaient ce quartier Hubeere, (bâtiment), en référence au bâtimentconstruit en 1905 non loin du site du stade municipal actuel et qui servait d’escale aux commerçants français. En 1908, le quartier de Boghé Escale est lôti, à quelques centaines de mètres à l’Ouest de ce bâtiment: ce nouveau quartier, comme son nom l’indique, sert d’escale fluviale aux compagnies de commerce européens, français notamment, à l’instar de celles de alshotammeng ainstar de celles dе Dagana, Podor, Kaédi, Matam, Bakel, etc. Ce quartier est depuis sa création le centre névralgique, administratif, commercial, économique et culturel de la ville de Boghé, voire de toute la région environnante.

Le quartier de Nooli est situé à l’Est du quartier de Boggee-dow.Il occupe comme ce dernierune bonne partie du site de l’an- cien village de Dubaango. Jusqu’aux années 1960-1970, l’essentiel de l’espace de la zone de ce quartier était réserve aux cultures sous pluie ou cultures du jeeri (diéri). La création et la rapide extension de ce quartier témoignent de l’urbanisation galopante de la ville de Boghé, plus particulièrement depuis la grande sécheresse e des années 1968-1973. C’est la zone du Carrefour des routes Boghé-Aleg et Boghé- Kaedi.

Boghé telle qu’elle fut

La ville de Boghé est au centre de la zone traditionnelle dénommée la province halaybe (située à cheval sur les deux rives du fleuve Sénégal et comprenant plus d’une quarantaine de villages), partie intégrante du Fuuta Tooro aujourd’hui partagée rdpartagee entre la Mauritanie et le Sénégal.

De par sa position géographique dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal, à michemin entre le delta et le haut fleuve, de par sa fonction de carrefour ou de relais des voies de communication flu viale et terrestres entre, d’une part, le sud, le centre et l’est mauritaniens et, d’autre part, le nord du Sénégal (I’Ile à Morphil appelée Hakkunde Maaje »), Boghé et ses environs ont toujours été un centre agro-pastoral, un centre commercial, et restent un véritable lieu de contacts, de brassages de peuples, de langues et de cultures. Laville de Boghé fut surtout connue comme:

– un centre culturel de notoriété internationale

Des centaines d’écoles coraniques, de mahadras étaient recensées à Boghé et dans lesvillages environnants. La plus importante et qui contribua au rayonnement culturel de la ville ettà lala formation de plu sieurs marabouts de vallée du fleuve Sénégal fut incontestablementl’université plus connue sous le nom de Dudal Galle Saakoobe créée en 1905. En raison des compétences et des qualités de son fondateur, Ceerno Aamadu Moktaar Saako (1867/70-1934),quitute qui futégalement cadi de Boghé de 1905 à sa mort en 1934, cette université étaitappréciée de tout le monde et attirait des étudiants de tous les coins du pays et même de la sous-région.

L’école primaire de Boghé – une des premières en Mauritanie – fut créée en 1908. Mais elle ne fut réellement opérationnelle qu’en 1921-1922 grâce à l’œuvre du directeur africain qui la dirigea de 1922 à 1952, le Saint-Louisien dénommé Ndiawar Sarr. Cette école a été une véritable pépinière de cadres pour la Mauritanie independante.

Les activités culturelles et sportives telles que les cours de vacances, le théâtre, la musique, le basket ball, etc, les travaux d’utilité publique (investissements humains) y étaient régulièrement organisés. Ces activités retenaient si bien l’attention des jeunes de la villeque raresétaient les élèves ou étudiants qui passaient leurs vacances ailleurs qu’à Boghé.

– un centre de recherches et de formation vétérinaires

Pendant desdes décennies etjusqu’à l’indé pendance de la Mauritanie, et plus particulièrement entre les deux guerres mondiales, Boghé a abrité l’un des deux centres sous-régionaux africains chargés de la recherche, de la préparation de serums et de vaccins, et enfin de la formation du personnelvétérinaire de toute l’Afrique occidentale (le second centre était localisé à Dogondoutchi, au Niger); les Abattoirs de Boghé, en relation avec ce centre, préparaient les viandes exportées vers la France, surtout durant les périodes de guerres mondiales.

– un centre de recherches agricoles

En 1910 un Jardin d’essai a été créé à Boghé. Longtemps entretenu par les divers Résidents de la subdivision qui se sontsuc- cédés dans la ville jusqu’à l’indépendance du pays, ce jardin et les nombreux arbres flamboyants “aux grappes de feux » plantés sur le pont-digue, tout autour des digues et dans les rues et édifices publics contribuèrent à créer dans la ville un environnement « beau » et « gai » comme le disaient certains poètes ou intellectuels natifs ou non de la ville.

Le Secteur agricole de la ville qui s’intéressa depuis 1911 à la culture du riz sauvage qui était assez répandu dans la région de Boghé,eut la lourde tâche d’introduire la culture du riz « industriel » en Mauritanie, itanie, à partir de 1965: les premiers essais pilotes eurent lieu sous sa conduite à Dar el Barka, à Bakaw, à Wennding, localités situées toutes à l’époque dansTa subdivision de Boghé.

Une ville en déclin

La ville de Boghé n’a pas beaucoup évolué durant les deux premières décennies qui suivirent l’indépendance du pays. Bien qu’elle demeurât pendant longtemps le chef-lieu d’une des subdivisionsTes plus peuplées du pays (administrant la zone allant de de Dar el Barka à MBagne), elle resta sans infrastructures économiques et ques autres. Celles qui y existaient déjà furent négligées, détruites et tombèrenten ruine :le dispensaire, le centre d’élevage, l’école primaire, le jardin d’essai, les archives administratives, etc. A cela s’ajoute l’effet négatif des dissensions ou divisions internes des politiciens locaux. La ville a donc connu une longue période de déclin. Cependant les activités culturelles y furent maintenues par la jeunesse.

Une ville en pleine mutation

A partir des années 1980, Boghé et les villages environnants connaissent quelques mutations caractérisées par les points suivants: la mise en place et le démarrage du Casier Pilote de Boghé (culture rizicole); l’électrification de la ville; le bitumage des routes Boghé-Aleg, BoghéKaedi et tout récemment Boghé-Rosso; le développement du maraîchage qui occupe principalement les femmes; l’apparition oulalementes du téléphone portable et de l’in- lemmes ternet; la mise en place de banques, d’un centre de formation des populations rurales, d’un centre de formation professionnel et technique, d’un centre de collecte de lait, de mutuelless de crédit; l’élec tricité de Manantali (OMVS), la multiplication des ONG de développementopérant dans la zone, le dynamisme de sa jeunesse, etc. Malgré ses difficultés actuelles (l’échec de la riziculture, l’endettement des paysans, les problèmes sanitaires dont le paludisme qui est la principale cause de décès dans toute la zone, l’absence d’hỗpital…), la ville de Boghé est vouée à un avenir radieux, compte tenu de sa situation géographique, des mutations qu’elle enregistre actuellement et surtout des atouts majeurs dont elle est porteuse.

Nouakchott, le 30 octobre 2012
Amadou Oumar Dia
Professeur à la retraite

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